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Notre planète a vibré une fois de plus cette semaine à occasion du décès d’Elizabeth II. Journaux et réseaux sociaux ont donné à voir une émotion mondiale qu’ils suscitaient autant qu’ils la partageaient. Une telle ferveur vient élargir l’espace de nos foyers, de nos villes et de nos pays. Elle désigne quelque chose de plus grand que l’ordinaire de nos jours et par lequel nous sommes étonnamment liés. Comme souvent, quelques voix s’agacent du concert commun. Rappellent le régime républicain qui est le nôtre. Moquent la disproportion des réactions face à la mort d’une personne jamais rencontrée si ce n’est à travers un écran. 

En lisant le journal, j’y ai trouvé un jeune avocat affirmant que « la reine représentait la stabilité du monde ». Une autre la qualifiait de « pilier de son peuple ». J’ai alors compris que cet attachement dépassait la reconnaissance politique ou même affective pour une personnalité connue internationalement. Au delà de sa personne, Elizabeth II disait quelque chose de notre rapport au monde, un monde que l’on souhaite intangible. Elle participait de ce qui rend notre existence habitable : le confort d’être dans un espace familier. Son décès a rendu manifeste cette recherche souterraine de stabilité. La peine qui peut nous affecter marque la disparition d’un de ces piliers qui nous empêchent de sombrer dans le chaos et dont on mesure l’importance quand ils viennent à tomber.

C’est alors que l’image de la maison aux fondations posées sur le roc (Lc 6,47-49) m’est revenue. Construire sur le sable ou sur le roc n’est pas si évident. Les fondations sont souterraines et nul ne peut les voir ou connaître leur état, pas même le propriétaire de la maison. Pour autant qu’on arrive à les concevoir, quels sont ces piliers qui font office de fondation dans notre vie ? « Et la terre tient bon, inébranlable ; dès l’origine ton trône tient bon, depuis toujours tu es » chante le psaume 92. 

L’événement du décès d’Elizabeth II et de ce qu’il suscite peut réveiller en nous l’attention à ce qui fonde notre existence, à ce qui fait que la terre tient bon. Peut-être goûterons-nous cette présence cachée et tangible qu’est la présence de Dieu et nous nous appuierons alors sur cette foi-confiance dont témoignait la Reine. Sans doute un des plus beaux cadeaux qu’elle a su partager.

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